22/09/2005

Blog de Cri

Souvent sucrée, parfois salée ou poivrée, huilée d'olive ou gorgée d'eau. Le miel s'y dispute la place du vinaigre, le piment celle de la pomme. La vie est aigre-douce.
31-01-2005
Tant de belles choses...

Je me suis souvent dit que j’arrêterais de griffonner ton ventre jaune avant que tu aies un an…
C’est demain…
J’ai écrit et jeté dix fois à la corbeille ce qui devait être ma dernière bafouille sur tes pages couleur de sable.
C’est sans doute grâce à toi, avant tout le monde, que j’ai pu arriver à me reconstruire un peu, à prendre du recul sur le chagrin, à mettre des mots sur la douleur. C’est grâce à toi, mais je sais, paradoxalement, qu’il me faudra un jour te laisser définitivement pour faire les pas qu’il me manque encore afin de retrouver un semblant d’équilibre.

Tu as fait de 2004 une belle année, Sel-et-Sucre, malgré les larmes. Je te dois des rencontres merveilleuses, des personnes magnifiques. Tu m’as ouvert des portes extraordinaires et construit des ponts magiques…

Voilà. En même temps je sais que je devrais te laisser, arrêter de t’ennuyer, et en même temps j’ai peur… Incapable de refaire avec enthousiasme quoi que ce soit de ce qui m’occupait avant le départ de L., j’ai peur qu’en te laissant, je m’éteigne un peu plus.

Ecrire est la seule de mes occupations qui n’existait pas quand L. était là… Toutes les autres me rappellent sa présence et me triturent le cœur. Peut-être est-ce un peu pour ça que j’ai autant de mal d’arrêter.

Soit. Ces lignes ne seront malheureusement pas les dernières, je le crains…

J’ai fait développer un film qui traînait sur le buffet de la cuisine depuis des mois. Je ne t’ai jamais dit que j’aimais mes mains… La seule partie de mon anatomie que je trouve plutôt jolie… J’ai photographié ma main gauche, couché dans l’herbe, au sommet du Col du Rousset, en juillet dernier. J’aime cette photo. On dirait que ma main regarde le ciel, ou qu’elle essaie de l’atteindre…

Même s’il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire « à demain »
Rien ne défera jamais nos liens…

Même s’il me faut aller plus loin
Couper des ponts, changer de train
L’amour est plus fort que le chagrin

L’amour qui fait battre nos cœurs
Va sublimer cette douleur
Transformer le plomb en or
Tu as tant de belles choses à vivre encore… Françoise Hardy

C'est sans doute idiot de s'adresser comme ça à un journal, mais je te souhaite un bel anniversaire...

Saler ailleurs
Dimanche.

Je voulais t’annoncer que je te déchargeais dès aujourd’hui, jour de mes trente ans, de mes mots les plus aigres, du sel du passé qui dégouline au-delà de tes lignes ouvertes et qui fait du mal à autre que moi.
J’ai ouvert des pages jumelles, du même jaune, dont je serai le seul à posséder les clés. Garder ailleurs une place pour ces mots salés et continuer à avancer.

J’entame une nouvelle décennie. La quatrième. La plus belle, à ce qu’il paraît. Nous verrons. Je veux être heureux.

Ici, naguère, s’est déroulée une belle tranche de vie…

Sel-et-Sucre, je te déloge de tes pages sablées sans pincement. Tu n’es pas mort.

Trop de passage. Trop de lecteurs de hasard.

Je garde pour moi, tout au fond de moi, les milliers de commentaires.
Je te dois, je vous dois mes plus belles joies depuis un an et demi.

Je n’ai toutefois pas eu le cœur de supprimer le texte par lequel toute cette aventure a commencé…

Merci. Vraiment.

09-06-2005, 23:43:17 Cri

13:54 Écrit par Mediacteur dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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