14/06/2006

Web 2.0, le réseau social

Prenez pour principe que votre ordi, ou tout autre que vous utiliserez fortuitement, est le terminal d’un système d’exploitation partagé : le web lui-même. Utilisez des applications en ligne, partagées elles-aussi donc, pour produire, individuellement mais surtout collectivement, du contenu mis à la disposition de tous… et vous deviendrez du même coup acteur du web 2.0.

C’est une autre philosophie qui tente de se mettre en place, dès que l’on entre dans cette logique. Le fil rouge est bien celui de la syndication, du partage, de la réutilisabilité des infos, du travail, des découvertes. Pourquoi garder pour soi des choses qui peuvent être utiles à d’autres ? Pourquoi refaire ce qui a été fait –et bien fait- par d’autres. Pourquoi s’asseoir sur sa seule expérience et le rythme tout relatif de son énergie personnelle, alors que le partage démultiplie les effets des efforts mutuallisés.

Si j’ai trouvé de bonnes informations, je peux distribuer la liste des signets qui les répertorie (Del.icio.us). Si j’ai fait des photos dont je parie que l’utilisation serait opportunes par d’autres utilisateurs, je peux les mutualliser sur un site de stockage en ligne (Flickr). S’il s’agit de vidéo, le concept de partage existe aussi (Youtube). Si je veux profiter de la vague qui fait qu’inséré dans un réseau de connaissances, les amis de mes amis seront peut-être aussi mes partenaires de demain, je peux déposer un profil en ligne (MySpace, 6nergie) et si mes réflexions postées en ligne sont des collaborations judicieuses à une réflexion globale sur telle ou telle thématique, je peux référencer mes textes par l’intermédiaire d’une banque de données de mots-clés ou tags (Technorati). L’idée générale qui alimente cette profusion de générosité repose sur l’idée que votre identité virtuelle est désormais une réalité concrète à établir, celle-ci pouvant se matérialiser par une fiche en ligne, véritable portfolio de votre production en ligne (Netvibes).

Si tous les contenus en ligne sont ainsi contributifs d’un vaste ensemble de savoirs offerts, c’est parce que les outils pour les concevoir et les lieux pour les stocker se sont déplacés de votre machine résidante pour s’installer en ligne, sur le net, lequel a pris la place de votre système d’exploitation. Ainsi, pour des applications aussi basiques qu’un traitement de texte, on vous suggère aujourd’hui, non plus l’usage local et payant d’une suite bureautique classique, mais bien l’enregistrement sur votre machine de fichiers produits préalablement via une application bureautique en ligne (Ajaxwrite). Si vous dites que ceci n’a que peu de chance de se mettre en place, réfléchissez à l’envol du phénomène des blogs. Il est une illustration manifeste de cette tendance en ce qui concerne la création de site. La démarche est bien celle décrite : l’application logicielle n’est plus sur votre machine, c’est l’interface blog en ligne. L’hébergement n’est pas résidant, votre site est distant (vous n’avez même pas de copie original à demeure… c’est bien là le risque) et vous êtes producteur du contenu, mais vous pouvez (et cela se fait de plus en plus) utiliser des outils collaboratifs qui autorisent la publication multi-auteurs (Wiki). Enfin, grande nouveauté dans cet univers régi par la syndication : vous n’allez pas produire une seconde fois ce que d’autres ont déjà réalisé. Le leitmotiv qui rythmera toute votre production sera la réutabilité de contenu (Retro et Permalien). Restera à vos lecteurs de s’équiper d’agrégateurs et autres Ajax applications pour compiler, mutualliser et démultiplier la richesse de contenu en cours d’élaboration.

Et du côté de la formation ?

On peut imaginer que le monde des OJ adopte aussi un peu cette vision sociale du web. Pour fédérer des unités de contenus de formation mis en ligne sous la forme de blogs ou de wiki, par exemple. Ou des témoignages et expériences de terrain, elles aussi très instructives et formatrices, si on les croise entre elles. En utilisant le référencement par mots-clés (tags) bien choisis, pour relier les lieux d’internet où l’on débat avec compétence et passion, des problématiques spécifiques au monde de l’animation, de l’éducation et de la formation. Alimenter l’idée, en quelque sorte, que ce n’est plus uniquement sur un site propre que se structurerait la présence en ligne d’une préoccupation : les OJ et leur mode de fonctionnement. Militer plutôt à la construction interactive d’une nébuleuse globale (nous l’appelions « nébuleuse de la transparence dans notre édito), composée des multiples interventions disséminées sur le net, mais syndiquées pour permettre la constitution d’un fil de discussion vraiment enrichissant.

16:00 Écrit par Mediacteur dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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