23/01/2007

Motivations de bloggueurs

Motivation des bloggueurs :

Les éléments d’observation proposés ici le sont au départ d’une observation faite durant plusieurs mois d’une quinzaine de blogs d’adultes (belges entre 25 et 35 ans), en comparaison avec une visite plus aléatoire de blogs de jeunes. L’échantillonnage retenu tient aussi au fait que plusieurs des bloggueurs observés ont décidés à un moment donné, de se retrouver en visu. Mes contacts observatoires ont alors aussi pris le chemin d’interviews pour décoder avec les intéressés la dynamique qui se vivait.

1. Beaucoup blogguent comme ils écrivaient précédemment des carnets intimes. La différence tient dans la différence que permet l’outil : accumulation de nouveaux langages (non seulement textes, mais aussi photos, sons (podcast), vidéo (vlog) et surtout la jonction avec un public distant. Distant chez les adultes. Connivant chez les jeunes.

2. Le plaisir de l’écriture, de la belle lettre est plus présent chez les adultes que chez les jeunes qui ont un rapport plus fonctionnel avec l’écrit, et qui abondent volontiers dans la déclinaison d’un langage codé qui énerve souvent les adultes.

3. Beaucoup blogguent pour étaler leurs états d’âmes. Pour « s’instrospecter » et le communiquer de sorte à être accompagné d’une empathie la plus large possible. Les jeunes attendent les commentaires, mettre des moteurs, réclament de voter pour leur blog ou pour booster certains messages. Mais les adultes le font aussi.

4. Beaucoup, en blogguant n’attendent qu’une chose : être confirmés dans leur vision de la vie. Si le lecteur se montre trop interpellant, trop réactif et non empathiques, le dialogue se cassent… jusqu’à écrire : Si t’es pas d’accord, on t’oblige pas à lire. Va voir ailleurs ».

5. Blogguer, pour certains, c’est garder une distance (toujours celle de la virtualité). Chez les enfants, c’est même une attitude que l’on conseille vivement. Chez les adultes, il est clair que pour beaucoup, c’est un premier cap vite dépassé. Exemple : les soirées Parano.

6. Reste malgré tout le problème de la publicité vis-à-vis des proches. Intimité et extimité s’entrechoquent : Et si mon conjoint avait un blog ? Mes enfants ont-ils un blog ? Vais-je chercher à le lire ? En parlerons-nous ?

7. Beaucoup de bloggueurs n’écrivent que quand ils vont mal. C’est un constat frappant chez les adultes, alors que les jeunes développent un continuum assez manifeste.

8. L’aventure bloggueuse dure « un certain temps » comme le refroidissement du fût de canon. Un an et demi à deux ans… et puis il y a essoufflement. Réappropriation du projet éditorial du fait des événements de la vie.

9. Certains ayant mal enclenché leur aventure blogguienne doivent y mettre un terme et ouvrir un nouveau site en évitant les travers commis dans leur première expérience.

10. Régulièrement, des bloggueurs annoncent la fermeture prochaine de leur blog, pour déclencher le vent de sympathie : « Fais pas çà, on t’aime, reste avec nous… ». Et si le vent ne se lève pas, car cela arrive parfois… Le silence dure alors quelques jours, voire quelques semaines tout au plus, puis la plume reprend son écriture.

12:25 Écrit par Mediacteur dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/06/2006

Web 2.0, le réseau social

Prenez pour principe que votre ordi, ou tout autre que vous utiliserez fortuitement, est le terminal d’un système d’exploitation partagé : le web lui-même. Utilisez des applications en ligne, partagées elles-aussi donc, pour produire, individuellement mais surtout collectivement, du contenu mis à la disposition de tous… et vous deviendrez du même coup acteur du web 2.0.

C’est une autre philosophie qui tente de se mettre en place, dès que l’on entre dans cette logique. Le fil rouge est bien celui de la syndication, du partage, de la réutilisabilité des infos, du travail, des découvertes. Pourquoi garder pour soi des choses qui peuvent être utiles à d’autres ? Pourquoi refaire ce qui a été fait –et bien fait- par d’autres. Pourquoi s’asseoir sur sa seule expérience et le rythme tout relatif de son énergie personnelle, alors que le partage démultiplie les effets des efforts mutuallisés.

Si j’ai trouvé de bonnes informations, je peux distribuer la liste des signets qui les répertorie (Del.icio.us). Si j’ai fait des photos dont je parie que l’utilisation serait opportunes par d’autres utilisateurs, je peux les mutualliser sur un site de stockage en ligne (Flickr). S’il s’agit de vidéo, le concept de partage existe aussi (Youtube). Si je veux profiter de la vague qui fait qu’inséré dans un réseau de connaissances, les amis de mes amis seront peut-être aussi mes partenaires de demain, je peux déposer un profil en ligne (MySpace, 6nergie) et si mes réflexions postées en ligne sont des collaborations judicieuses à une réflexion globale sur telle ou telle thématique, je peux référencer mes textes par l’intermédiaire d’une banque de données de mots-clés ou tags (Technorati). L’idée générale qui alimente cette profusion de générosité repose sur l’idée que votre identité virtuelle est désormais une réalité concrète à établir, celle-ci pouvant se matérialiser par une fiche en ligne, véritable portfolio de votre production en ligne (Netvibes).

Si tous les contenus en ligne sont ainsi contributifs d’un vaste ensemble de savoirs offerts, c’est parce que les outils pour les concevoir et les lieux pour les stocker se sont déplacés de votre machine résidante pour s’installer en ligne, sur le net, lequel a pris la place de votre système d’exploitation. Ainsi, pour des applications aussi basiques qu’un traitement de texte, on vous suggère aujourd’hui, non plus l’usage local et payant d’une suite bureautique classique, mais bien l’enregistrement sur votre machine de fichiers produits préalablement via une application bureautique en ligne (Ajaxwrite). Si vous dites que ceci n’a que peu de chance de se mettre en place, réfléchissez à l’envol du phénomène des blogs. Il est une illustration manifeste de cette tendance en ce qui concerne la création de site. La démarche est bien celle décrite : l’application logicielle n’est plus sur votre machine, c’est l’interface blog en ligne. L’hébergement n’est pas résidant, votre site est distant (vous n’avez même pas de copie original à demeure… c’est bien là le risque) et vous êtes producteur du contenu, mais vous pouvez (et cela se fait de plus en plus) utiliser des outils collaboratifs qui autorisent la publication multi-auteurs (Wiki). Enfin, grande nouveauté dans cet univers régi par la syndication : vous n’allez pas produire une seconde fois ce que d’autres ont déjà réalisé. Le leitmotiv qui rythmera toute votre production sera la réutabilité de contenu (Retro et Permalien). Restera à vos lecteurs de s’équiper d’agrégateurs et autres Ajax applications pour compiler, mutualliser et démultiplier la richesse de contenu en cours d’élaboration.

Et du côté de la formation ?

On peut imaginer que le monde des OJ adopte aussi un peu cette vision sociale du web. Pour fédérer des unités de contenus de formation mis en ligne sous la forme de blogs ou de wiki, par exemple. Ou des témoignages et expériences de terrain, elles aussi très instructives et formatrices, si on les croise entre elles. En utilisant le référencement par mots-clés (tags) bien choisis, pour relier les lieux d’internet où l’on débat avec compétence et passion, des problématiques spécifiques au monde de l’animation, de l’éducation et de la formation. Alimenter l’idée, en quelque sorte, que ce n’est plus uniquement sur un site propre que se structurerait la présence en ligne d’une préoccupation : les OJ et leur mode de fonctionnement. Militer plutôt à la construction interactive d’une nébuleuse globale (nous l’appelions « nébuleuse de la transparence dans notre édito), composée des multiples interventions disséminées sur le net, mais syndiquées pour permettre la constitution d’un fil de discussion vraiment enrichissant.

16:00 Écrit par Mediacteur dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Travaillez votre identité numérique

Edublogueuse, praticienne régulière de l’eportfolio, Margarita Pérez-Garcia publie un condensé des parutions en ligne sur le thème de l’identité numérique . Elle évoque d’emblée l’intervention de Christophe Deschamps, chroniqueur au ZDNet, intitulée : « L’indispensable gestion de la réputation numérique(1) ».

« Dans la situation actuelle, chaque personne a une représentation numérique au travers de données dispersées dans des centaines de bases de données auxquelles elle n’a pas accès ; on pourrait parler d’identité numérique éclatée, non maîtrisée par la personne. Beaucoup d’entre nous n’ont pas encore pris conscience de la réalité de cette identité numérique éclatée et de la nécessité de prendre en main cette représentation. »Il est toujours possible de rectifier le contenu de pages web ou de blog au caractère suranné, si nous en sommes les webmesters. Mais nous resterons victimes bien involontaires de tous ces commentaires que nous avons pu un jour poster, sur des blogs, des forums ou au creux de débats virtuels… et qui demeurent toujours accessibles par les moteurs et annuaires. Et ce qui doit alors arriver, arrive.

Tu vas te faire « googeler(2) »

Que ce soit au moment de la recherche d’un emploi ou lors du démarrage d’une nouvelle relation, votre vis-à-vis a la curiosité d’écrire votre nom dans un moteur de recherche. Et zou… Partant de ce scénario de plus en plus prévisible, beaucoup imaginent aujourd’hui qu’il faut travailler sa réputation numérique. Une carte d’identité ou un profil d’internaute tels que vous en rédigez au moment d’une inscription à un service en ligne ne suffisent pas. Par contre, la somme de vos interventions lapidaires, éclatées au travers du web, constitue un tableau trop aléatoire. Il vous reste alors à prendre les devants. En ce sens, l’eportfolio est un premier élément de visibilité que vous pouvez patiemment construire. Que voulez-vous que l’on sache de vous ? Certains répondent à la question par la rédaction d’un CV, toujours à réactualiser. D’autres choisissent de réfléchir en ligne de façon permanente. Il y vont « tout de go » comme Mario et tout ceux qui se revendiquent aujourd’hui de cette nébuleuse de la transparence. Plus que l’identité, c’est alors votre façon de penser, vos chantiers en cours, vos questionnements et vos contributions délivrées parfois au jour le jour, qui témoigneront de votre personnalité, de votre sens de la collaboration, de l’interactivité et de l’intérêt, pour certains, d’envisager de travailler avec vous.

L’usage d’outils spécifiques de liaison des contenus, les uns avec les autres, les fils RSS notamment, va permettre l’identification d’un maillage tissé autour de votre espace numérique personnel. Ainsi, les » édublogueurs » se définissent-ils comme « utilisateurs des blogs à des fins pédagogiques. Leur identification et leur rassemblement se sont faits par la mise en ligne d’une « carte virtuelle thématique de type Frappr », créée à l’initiative de l’un d’entre eux. Le fait que vous soyez édublogueur n’est, en soi, pas très intéressant. Votre profil inséré dans une communauté d’usage qui partage publiquement sa pratique, révélant dès lors toute sa richesse mais aussi toutes ses difficultés… voilà qui est bien plus porteur. Et la plus value qui fait de cette carte virtuelle un espace numérique particulièrement valorisable sur le réseau… c’est votre contribution gratuite au débat. Quel bonus pour l’hébergeur ! Voilà jetées les bases du Web 2.0 dont nous pouvons maintenant parler.

(1)http://blogs.zdnet.fr/index.php/2006/02/06/lindispensable-gestion-de-la-reputation-numerique/

(2)http://www.vanin.be/nl/html/sec/uitgaven/frans/internetactuel/GooglerEV.htm

15:56 Écrit par Mediacteur dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/05/2006

Vous livrerez-vous « en blog », sur le net ?

Je ne sais si, comme moi, vous êtes étonné de l'apparition de ce phénomène des Eportfolios.

Bien sûr, le portfolio est, dans le monde de l'éducation, un classique établi de longue date déjà. En soi, le portfolio permet à son auteur de faire état de sa recherche et de son questionnement, par le cumul ordonné de ses travaux et de ses rapports de recherche, enrichi du relevé de ses expériences significatives de terrain… Le présentoir de documents, constitué de toute pièce jugée opportune, fournit de la sorte une vitrine du processus de formation, du chemin de progression et de l’état –toujours provisoire- de la recherche. Il diffère cependant du curriculum vitae en ce sens que le CV est orienté vers la sollicitation d’un emploi, alors que le portfolio, comme le press book d’un artiste ou d’un illustrateur, est plutôt le faire-valoir de la candidature… et surtout du candidat. Les portfolios de la première génération étaient en version papier.

Leur version en ligne n'est pas si ancienne que cela. Ce sont les plans d'équipement informatique des écoles et la démocratisation des tarifs de vente au grand public qui, en permettant aux étudiants d'avoir accès à une infrastructure auparavant encore réservée à un milieu aisé, ont développé le passage à la numérisation. La mise en ligne, elle toutefois, c’est encore une autre affaire ! Plus récente, voire en phase d’émergence. Deux développements technologiques ont amené la situation actuelle : la mise en réseau et le développement grand public des interfaces "blog".

La mise en réseau, d’abord, a permis l'édition de pages personnelles qui furent une première version des portfolios, rendant ainsi leur diffusion plus aisée. Mais la publication elle-même restait cependant, l'oeuvre de spécialistes. L’html requiert en effet une formation à laquelle tous n’ont pas accès. L’hébergement sur un serveur distant est une opération supplémentaire bien plus étrangère encore à la préoccupation de beaucoup de chercheurs et d’étudiants.

Mais l’apparition des interfaces simplifiées d’édition en ligne, les blogs, a chamboulé le paysage et, par le fait même, les pratiques d’édition. En effet, en recourant aux interfaces des « carnets en ligne », la blogosphère, beaucoup ont découvert la facilité technique de mettre en ligne une contribution -si pas journalière, du moins régulière- sur l’avancement de leurs travaux ou sur l’état de réflexion suscité par leurs recherches en cours.

Ce qui étonne toutefois le plus, ce n’est pas le recours à la technologie, puisque son évolution s’est faite vers une simplification des processus, mais bien plutôt le geste même de la mise en réseau quotidienne de son état de pensée. On assiste à l’émergence d’un réseautage de la pensée qui autorise les connexions de tous à tous, à tout moment de la réflexion. On l’appelle « connectivisme (1) ».

Certes, le « partage à flux tendu » n’est peut-être pas si dense en informations abouties qu’une publication d’article ou de thèse… laquelle survient au terme d’un long travail de formalisation. Mais c’est le partage du questionnement qui semble bien l’emporter dans cette démarche de publication carnetière, un partage permanent de l’énonciation progressive et provisoire d’une hypothèse à construire et l’inventaire quotidien -ou presque- des lectures faites, notamment sur les blogs des autres chercheurs mutuellistes, qui permettent d’envisager des pistes de résolution.

Cette manière de penser collectivement se fait dans l’application concrète de ce principe qui voudrait que « plus on échange et plus on ira vite et loin dans les énonciations d’hypothèse et dans leur résolution ». Et que cela se fasse gratuitement, sans souci premier de propriété intellectuelle, est sans doute le changement de paradigme que certains adoptent sans plus trop regarder derrière eux, convaincus qu’ils sont que l’avenir appartient à ceux qui pensent les projets de façon dynamique et mutuellisée, plus qu’à ceux qui les ressassent longuement avant d’en faire profiter la communauté internationale, à coup de publications abouties… et facturées.

Quel rapport, direz-vous peut-être, avec l’Education aux médias ? L’observation critique que nous pouvons maintenant tenter de faire d’une émergence liée à un apport technologique, celle d’un nouvel individu : « l’homme, réseau pensant ».

(1) Lire : Georges SIEMENS : http://www.elearnspace.org/Articles/connectivism.htm

15:57 Écrit par Mediacteur dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/04/2006

L'identité numérique... le fin du fin ou la fin du commencement ?

Je vous invite à lire la contribution de Margarita Perez-Garcia : Les enjeux de l'identité numérique"

Fin du commencement, ou commencement de la fin , disais-je ? En effet, voilà bien une nouvelle manière d'exister... et zou... c'en sera fini d'une certaine intimité... En avant la publicité à tout crin.

L'avenir nous dira si cette manière se généralise... et avec quel bonheur.

14:18 Écrit par Mediacteur dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |